Abnégation familiale : à quand la parité ?

Publié le par DS

Lisette, "le journal des petites filles", 1927

Lisette, "le journal des petites filles", 1927

Voici donc, Madame, ce qu'on expliquait aux jeunes filles au début du siècle dernier (à celles, donc, qui étaient destinées à devenir sous peu de bonnes épouses et mères de famille) : que "la première qualité chez une femme doit être l'oubli de soi"... et que "partout où il y a un foyer heureux, il y a une femme oublieuse d'elle-même"...

Certes.

Certes !
Bien sûr, évidemment, forcément c'est vrai !
Mais c'est bien cela qui est terrible, insupportable parfois : c'est qu'il faut bien que quelqu'un s'y colle, que quelqu'un accepte et se résigne à passer toujours après tout le monde, et que... ça DOIT être nous.
Forcément.
Alors que si on n'y était pas contraintes, on s'effacerait même de grand coeur
!

Mais l'évidence s'impose...

C'est à nous de le faire. Pas d'autre issue !
Parce que sinon, ce n'est pas que la vie domestique devient insoutenable, non, non, même pas ! C'est qu'elle est carrément impossible.
Pas viable.

Ben oui : dans la famille, qui d'autre à part toi, ma chère et dévouée Madame, aurait pu être réceptif à ce genre de bons conseils ? Certainement pas SuperMari... Quant à tes enfants, notre société les charge avec bien d'autres injonctions, davantage liées à l'épanouissement personnel et à la réussite matérielle.

Et toi Madame ?

Ben toi tu es, comment dire... le fessier entre la chaise de cuisine en formica et le fauteuil tournant du bureau.
Par ton héritage multiséculaire condamnée à passer après tout le monde au sein du foyer (c'est bien ça que te demande la sage et exemplaire "Marraine", n'est-ce pas ?) et par la société - ainsi que par les nécessités du quotidien - aiguillonnée pour te donner à 200 % dans l'objectif de ta réussite professionnelle (ben c'est où que tu les puises ? Déjà que tu es censée t'être donnée toute entière pour la sérénité à la maison...). Avec encore à la clé de scandaleuses inégalités.

Alors, vraiment, à quand la parité ? La VRAIE parité ?...
Au boulot, mais aussi au service du bonheur familial ?...

Publié dans Humeur

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A
Bonjour Supermadame,
Nous sommes en 2021 et j'entends encore et toujours des hommes dire : "mais alors, je passe l'aspirateur de temps en temps..." ou "je sors bien les poubelles..." avec la conclusion : "ben, j'aide bien un peu et ça suffit !"
Alors je réponds à ces grands immatures, qui se comportent encore comme des gosses "qui aident" :
"Mais vous mangez bien tous les jours en salissant la vaisselle, vous salissez votre linge, vous utilisez les toilettes et la salle de bain, ... comme votre compagne, donc vous êtes équipés également de mains et de bras pour participer à l'effort commun !"
Alors arrêtons en tant que femme de demander de "l'aide", mais demandons une participation à la vie commune de la famille... je pense que ce changement de sémantique permettra aussi de faire bouger les choses ;-)
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A
Bonjour,

Me revoilà. Alors certes sur les articles les demoiselles devaient savoir être disponibles pour toute la famille. Et le souci je pense c' est qu' à force d' être à l' écoute de tous, Madame peut faire passer au second plan des soucis de santé hélas. Et cela a dû être des drames dans certaines familles.

Ce n' est pas facile de trouver le juste milieu que cela soit avec nos fistons comme avec les miss.

Petite anecdote : Mon fiston a 3 ans et je lui demande de refaire son lit ( c' est une couette a mettre sur son lit je ne demandais pas la perfection). Réponds ce petit de 3ans : Non c' est le travail des femmes. Je lui ai répondu : Ah mon p' tit bonhomme tu vas voir si c' est le travail des femmes... Je n' ai pas cédé et j' ai passé plusieurs semaines avant qu' il accepte de faire son lit sans que je lui demande. Et j' ai gagné car il a vu que la bonne femme que je suis ( Maman 1 fiston n°2 0)

Bon courage à toutes

Bises
.
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S
Ha, bravo pour ta ténacité ! Tu as eu raison. Tu as raison également sur ce point : difficile de trouver le juste milieu... Impossible d'accepter de toujours passer en dernier, ou carrément à l'as, sous prétexte qu'on est la gardienne du feu... Mais on en revient toujours au même : sinon, qui d'autre ? Sauf à apprendre à nos enfants à savoir s'effacer de temps à autre (surtout pas systématiquement) au profit d'autres... et à exercer un habile pression sur tout autre individu qui s'avérerait réfractaire ;-)
M
Et le sexisme que dégagent les Martine, très vieux livres réédités il y a peu car demandés en bibliothèque. Par qui ?
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C
Régulièrement je lis ces vieilles revues d' un autre temps. Certes l' article n' a pas tout à fait tord mais cela serait comme même en mieux quand toute la famille participe au bonheur de la maisonnée. Mais ce n' est pas facile car Madame, doit " se battre" tous les jours pour y arriver. L' an passé, l' un de mes fistons me disait : " j' ai un pote de classe, il est macho à un point que j' ai envie de lui expliquer ce que c' est la vie. Par exemple : s' il y a tant d' accident c' est la faute des femmes. S' il n' y a pas de boulot c' est la faute des femmes etc...". Et je lui ai rappelé que quand il était petit un matin, je lui ai demandé de faire son lit (c' était juste remettre sa couette sur son lit, je ne demandais pas la perfection à 4 ou 5 ans)et ce petit m' avait répondu " Non, c' est le travail des femmes". Ha la bonne femme que j' étais la mal pris et n' a pas cédé pendant plusieurs semaines.La bonne récompense, c' est que le jour où mon fiston m' a raconté l' histoire de son copain, il m' a dit " Merci Maman de ne pas avoir céder. Je n' ai pas été facile mais je me rends compte que c' était pour mon bien. ouf. Bonne journée
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R
Moi aussi je l'avais a la maison et d'autres journaux aussi mais çà n'empêche que nous étions aussi pour la parité et sans problème, les femmes de la famille travaillées déjà au 19e siècles et avant, mais tous les garçons ont appris a aider et sans rechigner, ma grand' mère a eut 5 garçons dont 4 qui ont vécus jusqu'à très âgés et tous ils ont été a collaborer dans leurs foyers respectifs en bonne entente, tout est affaire d'éducation dès le jeune âge, et mon fils fait de même sans souci suivant ses horaires. Quand je travaillais encore, pas mal de mes collègues s'occupaient aussi de leurs enfants après le travail dès que les horaires le permettaient.
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M
Lisette..................Nous y étions abonnées dans les années 50
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G
Merci Supermadame et allez les filles !!!!!!
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